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Vivre en Corée, décrypté

Pourquoi les jeunes se tournent vers les repas au temple et les repas universitaires à 1000 KRW : comment comprendre la crise du coût des repas en Corée

Si on suit le phénomène de réduction des dépenses alimentaires chez les jeunes, on comprend que ce n’est pas juste une mode, mais comment la structure du coût de la vie et les vides de la protection sociale en Corée s’entremêlent.

Updated Apr 24, 2026

En Corée, les jeunes ont commencé à réduire fortement leurs dépenses alimentaires. Dans les universités, les files pour le « petit-déjeuner à 1000 KRW » s’allongent. Sur Internet, une « carte des repas pas chers » qui rassemble des restaurants bon marché s’est vite répandue. Certains temples de Séoul offrent aussi un déjeuner gratuit aux étudiants. L’article ne présente pas ce phénomène comme une simple mode. Il explique qu’avec la hausse en même temps des frais de scolarité et du coût de la vie, les dépenses alimentaires sont devenues le premier poste que les jeunes peuvent réduire. En réalité, à l’université nationale de Séoul, le nombre d’utilisateurs par jour du petit-déjeuner à 1000 KRW est passé à 761 en 2024, 792 en 2025 et 802 en 2026. La carte des repas pas chers a aussi dépassé 126dix mille utilisateurs cumulés en un peu plus d’un mois après son lancement. L’article montre aussi des cas d’étudiants qui cherchent le déjeuner gratuit dans les temples, sans lien avec la religion. Cela veut dire que les repas de temple, les repas universitaires à 1000 KRW et les applications de restaurants à très bas prix pointent tous dans la même direction. C’est une scène qui montre à quel point le prix d’un repas est devenu un problème important pour les jeunes en Corée aujourd’hui.

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Contexte

La seule chose facile à réduire, c’était les dépenses alimentaires

Le point de départ de cette nouvelle semble simple, mais en fait c’est une histoire assez structurelle. Si on réfléchit à pourquoi les jeunes réduisent d’abord les dépenses alimentaires, on voit la réponse. Le loyer, les charges, la facture de téléphone et les intérêts du prêt, une fois le contrat signé, ce n’est pas facile à réduire tout de suite. Par contre, pour la nourriture, on peut s’ajuster immédiatement : tenir avec un triangle de kimbap du magasin de proximité aujourd’hui, passer au restaurant universitaire, ou sauter un repas.

Le problème, c’est que ce « coût ajustable » fait partie des postes qui ont le plus augmenté récemment. Au 1er trimestre 2024, le taux de hausse du revenu disponible était de 1.4%, mais les prix des repas à l’extérieur ont augmenté de 3.8% et les aliments transformés de 2.2%. Le prix des repas a donc monté plus vite que l’argent qui entre. Quand on comprend ça, on voit mieux pourquoi les jeunes ont commencé à traiter les repas non plus comme une dépense selon les goûts, mais comme un coût de survie.

Surtout chez les jeunes, la part des ménages d’une personne est élevée, donc ils dépendent davantage des repas à l’extérieur, de la livraison et des plats pratiques. Contrairement aux familles, il est difficile pour eux de faire de gros achats pour faire baisser le coût unitaire, et souvent la cuisine est petite ou ils manquent de temps pour cuisiner. Donc, plus que d’entendre que les prix moyens ont augmenté, ce qu’on ressent vraiment, c’est à quel point le repas que j’achète souvent est devenu cher. Quand on comprend ce point, on voit mieux que les « ouvertures en courant » et la « carte des repas pas chers » dans l’article ne sont pas une exagération, mais une stratégie de vie.

ℹ️Point clé

Pour les jeunes, les dépenses alimentaires sont le coût le plus facile à réduire, mais en même temps une dépense essentielle qu’on ressent le plus souvent.

Donc, la pression du prix des repas ne doit pas être lue comme une simple économie de consommation, mais comme un signal de changement du niveau de vie.

Chiffres

Les dépenses ont augmenté plus vite que les revenus

Si on compare en parallèle la vitesse de l’argent qui entre et de l’argent qui sort sur la même période, on voit plus clairement pourquoi la charge des dépenses alimentaires a augmenté.

1er trimestre 2024
Indicateurs comparatifs
Taux de hausse du revenu disponible
1er trimestre 2024
1.4%
Indicateurs comparatifs
1.4%
Taux de hausse des prix des repas à l’extérieur
1er trimestre 2024
1.4%
Indicateurs comparatifs
3.8%
Taux de hausse des prix des aliments transformés
1er trimestre 2024
1.4%
Indicateurs comparatifs
2.2%
Historique

Comment le petit-déjeuner à 1000 won est devenu une mesure pour la vie quotidienne

Au début, c’était un programme pour réduire les repas sautés, mais avec le temps, pour les étudiants, cela a fini par ressembler à un vrai moyen de protéger leur budget de vie.

1

2017: début du programme

Le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales a lancé le « petit-déjeuner à 1000 won » pour réduire les petits-déjeuners sautés chez les étudiants et augmenter la consommation de riz. Au départ, ce n’était pas une mesure contre la hausse des prix, mais plutôt une question d’habitudes alimentaires et de nutrition.

2

2022: installé comme modèle de bien-être universitaire

Comme certaines universités ont été présentées comme de bons exemples, cette mesure a commencé à dépasser le simple projet pilote pour s’installer comme programme de bien-être scolaire.

3

2023: la forte inflation a changé son sens

Quand la forte inflation et le poids du coût de la vie ont augmenté, les étudiants ont commencé à voir cette mesure moins comme une « aide nutritionnelle » que comme une « réduction des frais de repas ». Le gouvernement a aussi augmenté l’ampleur du programme de plus de 2 fois à cause de la forte hausse de la demande.

4

2024~2025: extension nationale et file d’attente dès l’ouverture

Le nombre d’universités participantes est monté à 186 en 2024 et à environ 208 en 2025. Mais sur le terrain, le système du premier arrivé reste encore, donc si on arrive en retard, on ne peut pas manger, et cela crée une vraie compétition.

5

2026: extension aux jeunes hors campus

Comme une tendance d’extension est apparue jusqu’à certains jeunes dans les zones industrielles, ce programme a commencé à être vu non seulement comme du bien-être universitaire, mais aussi comme une politique de soutien alimentaire pour les jeunes.

Comparaison

Le petit-déjeuner à 1000 won: l’objectif reste le même, mais la fonction ressentie a changé

Élément de comparaisonObjectif prévu au départFonction ressentie par les étudiants aujourd’hui
Objectif principalRéduire les petits-déjeuners sautés, habitudes alimentaires saines, encourager la consommation de rizRéduire le coût d’un repas, protéger le budget de vie, obtenir un avantage social au premier arrivé
Nature de la politiqueProgramme d’amélioration de la nutrition et des habitudes alimentairesEn pratique, ressenti comme un dispositif contre la forte inflation
Pourquoi les étudiants l’utilisentPour bien prendre le petit-déjeunerPour réduire le prix des repas devenu plus cher
Problème sur le terrainL’élargissement des universités participantes est le point cléPar rapport à la forte hausse de la demande, le nombre de repas et le budget sont insuffisants
Consommation

La carte des fauchés n’était pas un mème, mais une infrastructure pour économiser

Au début, rien qu’en entendant son nom, la « carte des fauchés » peut sembler être une mode d’internet. Mais si on regarde pourquoi ce service s’est vite répandu, l’essentiel n’était pas le nom drôle, mais son utilité. Comme les utilisateurs mettaient directement en ligne et vérifiaient des informations sur des restaurants à moins de 10K KRW, et même dans la gamme de 3000~5000 KRW, cela a fini par fonctionner comme une sorte de carte pratique du quotidien pour les personnes qui devaient éviter les déjeuners chers.

Si les anciennes cartes des bons restaurants servaient à trouver « où c’est spécialement délicieux », la carte fauchée sert plutôt à trouver « où manger pour moins cher, sans se tromper ». En gros, le centre est passé de la recherche des goûts à la recherche de survie. Si on comprend ça, on peut voir la mode de la carte fauchée non pas comme un simple mème d’autodérision, mais comme une infrastructure d’information adaptée à l’époque des prix élevés.

Dans les médias anglophones, cette tendance a été expliquée en lien avec le passage de YOLO à YONO. Si YOLO veut dire « profitons maintenant », YONO est plus proche de « gardons seulement ce qui est vraiment nécessaire ». Autrement dit, cela ne veut pas dire que les jeunes ont complètement abandonné la consommation, mais que leur façon de consommer change : ils économisent de manière extrême sur les biens essentiels et sélectionnent les autres dépenses. C’est pour cela que la carte des fauchés est un signal plus important qu’un simple mot à la mode. C’est une preuve que les critères de consommation des jeunes sont en train de changer.

💡Ce qu’on voit quand on sait ça

La carte des fauchés n’est pas un « jeu d’astuces d’économie », mais plutôt un réseau local d’information pour éviter les frais élevés des repas à l’extérieur.

Autrement dit, cela montre que la culture de consommation des jeunes passe d’un centre sur les goûts à un centre sur la défense du budget.

Évolution

Les prix n’ont pas augmenté juste un moment, ils s’accumulent depuis plusieurs années

Si on regarde une seule année, la sensation peut être moins claire, donc c’est plus net quand on voit la tendance des dernières années.

03876114(Indice (2020=100))(Année)Début sérieux de la hausse des prixRessenti cumulé qui s’aggrave2021202220232024
Contexte

Pourquoi ce type d’information pour économiser a tout de suite marché chez les jeunes

ConditionQu’est-ce que ça veut direPourquoi c’est lié à la culture des économies
Hausse des foyers d’une seule personneEn 2024, la dépense moyenne mensuelle de consommation des foyers d’une seule personne est de 1689000 KRWComme il faut assumer seul les frais de nourriture et de logement, la valeur des informations sur des repas bon marché augmente
Charge du logementLa part des dépenses de logement, eau et chauffage est de 18.4%Comme il est difficile de réduire le loyer mensuel, on finit par réduire plus fortement les dépenses alimentaires qu’on peut ajuster
Charge des repasLa part des dépenses de nourriture et d’hébergement est de 18.2%Quand le prix d’un repas augmente, la pression ressentie monte tout de suite
Changement de manière de consommerLes informations qui vérifient le bon rapport qualité-prix deviennent plus importantes que la recherche de restaurants populairesLes informations pour économiser ne sont pas quelque chose de honteux, elles deviennent une ressource partagée
Temple bouddhiste

Les repas du temple étaient à l’origine une culture de pratique, et maintenant ils sont devenus un filet de sécurité informel

Pour comprendre les repas gratuits des temples, il faut d’abord voir que ce n’est pas une œuvre de charité apparue soudainement, mais la continuité d’une ancienne culture d’offrande alimentaire.

1

Bouddhisme traditionnel : le repas de la pratique

L’offrande alimentaire faisait partie de la pratique où la communauté des moines mangeait ensemble. C’était un repas avec des règles comme la modération, le refus de tuer, la gratitude et l’égalité.

2

Fin de Joseon : élargissement de la fonction d’accueil des visiteurs

Les repas du temple n’étaient pas réservés seulement à la communauté interne. Ils avaient aussi une fonction d’accueil pour les visiteurs, les laïcs et parfois les personnes pauvres.

3

Années 2000 : popularisation avec les séjours au temple

L’offrande alimentaire n’était plus seulement une pratique religieuse, elle a aussi été présentée comme une expérience culturelle accessible au grand public. Grâce à cela, l’accès aux repas du temple est devenu beaucoup plus facile.

4

2024 : reconnaissance comme culture publique

Avec l’inscription de la cuisine des temples au patrimoine culturel immatériel national, les repas du temple ont été reconnus non seulement comme une tradition religieuse, mais aussi comme un bien culturel partagé par la société coréenne.

5

2025~2026 : diffusion de Jeunesse Repas Cœur

Avec la hausse des prix et l’instabilité de la vie des jeunes, les offrandes alimentaires gratuites des temples ont commencé à jouer le rôle de filet de sécurité urbain. Elles permettent de résoudre tout de suite le problème d’un repas et offrent un lieu accessible avec relativement peu de pression.

Changement

Quelle différence entre les repas traditionnels du temple et les repas gratuits pour les jeunes d’aujourd’hui ?

Élément de comparaisonOffrande traditionnelleRepas gratuits actuels pour les jeunes
Public principalLa communauté des moines et les visiteursÉtudiants universitaires, jeunes, habitants des villes sous pression à cause du coût de la vie
But principalPratique, discipline, maintien de la communautéAide pour un repas, soutien, offre d’un filet de sécurité sociale souple
Manière d’accèsParticiper dans les usages et l’ordre de l’espace religieuxApprocher comme une aide à la vie quotidienne, sans lien avec la religion
Sens socialPratique de la tradition bouddhistePoint d’ancrage local qui comble les vides de l’aide sociale
Société

Pourquoi les espaces religieux sont vus comme des espaces de vie

Élément de comparaisonImage des espaces religieux avantEspaces religieux tels qu’ils apparaissent aux jeunes aujourd’hui
Critère d’accèsAppartenance à une confession, foi, participation aux ritesUtilité réelle, confort, barrière d’entrée faible
Fonction principaleCulte, pratique, apprentissage de la doctrineRepas, repos, récupération, communauté calme
Image de la cuisine de templeNourriture religieuseCuisine saine, culture traditionnelle, culture alimentaire écologique
Façon dont les jeunes l’utilisentParticipation centrée sur la foiUtilisation centrée sur les services de la vie quotidienne et l’expérience culturelle
Jugement

Est-ce seulement à cause de l’économie, ou est-ce un problème structurel ?

CatégorieFacteur à court termeFacteur structurel
PrixHausse récente des prix et ralentissement économiqueLe niveau des prix des produits essentiels reste élevé longtemps et a augmenté de façon cumulée
Vie des étudiants à l’universitéAvec la reprise des cours en présentiel, les frais de transport et de repas augmentent de nouveauLa demande de prêts pour frais de vie et de bourses de travail s’élargit au niveau du système
Structure du foyerStagnation temporaire des revenusHausse des frais de logement, emplois à temps partiel instables et marché du travail des jeunes fragile
InterprétationSi l’économie se redresse, une partie peut s’améliorerSi on ne corrige pas la structure de l’aide sociale et du coût de la vie, il y a un grand risque que cela se répète
Sens

Donc, si on lit cette actualité seulement comme une « histoire de prix des repas », on rate quelque chose

Jusqu’ici, les scènes de l’article se relient en une seule histoire. La file pour le petit-déjeuner à 1000 won, la diffusion de la carte des lieux très bon marché et les repas gratuits dans les temples ne sont pas des histoires séparées. C’est le résultat de plusieurs façons pour les jeunes de protéger un repas en Corée. Le système universitaire, les réseaux d’information en ligne et les institutions religieuses jouent tous un rôle pour alléger la pression des frais de repas.

Donc, quand on lit cette actualité, ce n’est pas suffisant de penser seulement « les jeunes économisent vraiment beaucoup ces jours-ci ». La question plus juste est celle-ci : pourquoi l’aide sociale publique, l’aide universitaire, les communautés privées et les institutions religieuses soutiennent-elles ensemble le problème du prix des repas ? C’est avec cette question qu’on voit en même temps la crise du coût de la vie et le vide de la protection sociale. Si on comprend cela, même si une actualité semblable sort plus tard, il devient plus facile de voir si c’est juste un article de tendance ou un article sur un changement structurel.

En résumé, cette actualité n’est pas vraiment un article sur les habitudes de consommation des jeunes en Corée. Elle est plus proche d’un article qui montre jusqu’où la limite du niveau de vie est descendue. À l’avenir, il sera utile de regarder ensemble des indicateurs comme le nombre d’universités qui participent au petit-déjeuner à 1000 won, l’évolution des prêts pour frais de vie des jeunes, le prix des repas à l’extérieur autour des campus et l’extension des repas gratuits des institutions religieuses. Si on regarde ces quatre éléments ensemble, on peut lire beaucoup plus précisément si ce problème vient d’une baisse économique temporaire ou d’une aggravation structurelle.

⚠️Critère pour lire cette actualité

Plutôt que de regarder chaque exemple d’économie un par un, regardez pourquoi plusieurs systèmes et plusieurs lieux soutiennent en même temps le problème des frais de repas.

Avec ce point de vue, vous verrez que cette actualité ne parle pas seulement du prix des repas, mais du niveau de vie des jeunes et du filet de sécurité sociale.

Nous vous montrons comment vivre en Corée

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