Dans une école primaire de Busan, un enseignant a appelé le nom d’un élève en essayant d’arrêter un conflit entre des élèves. Mais un parent a vivement protesté auprès de l’enseignant en disant de ne pas appeler le nom de l’enfant. La raison était que l’enfant avait peur. Cet incident peut sembler être une simple dispute verbale, mais il montre bien dans quelle tension se trouvent les écoles coréennes ces jours-ci. Les enseignants doivent encadrer la vie scolaire, mais ils s’inquiètent des plaintes des parents et des polémiques sur la maltraitance des enfants. À l’inverse, les parents regardent d’abord l’anxiété et les blessures de leur enfant. Au final, le cœur de cette nouvelle n’est pas seulement de savoir si le nom a été appelé ou non. La vraie question est aussi jusqu’où va l’encadrement légitime de l’enseignant, jusqu’où les parents peuvent intervenir, et par quelle procédure l’école doit résoudre ce genre de conflit.
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Le problème n’est pas le nom, mais la façon de l’avoir appelé
Quand on voit cette affaire pour la première fois, on peut être un peu surpris. Appeler le nom d’un élève, cela semble être quelque chose de très normal à l’école, alors on se demande pourquoi cela a pris une telle ampleur. Mais dans les écoles coréennes aujourd’hui, plus que le fait d’appeler le nom lui-même, c’est dans quelle situation et avec quel ton cela a été dit qui est devenu un sujet bien plus sensible.
Surtout après l’affaire de l’école primaire Seoi en 2023, la frontière entre l’encadrement de la vie scolaire par l’enseignant et la maltraitance émotionnelle des enfants est devenue très sensible. L’encadrement de la vie scolaire, en termes simples, c’est quand l’enseignant empêche les perturbations en classe, aide à régler les conflits entre élèves et fait respecter les règles. Avant, c’était un travail de base de l’école, mais maintenant l’inquiétude grandit, car même une petite parole peut mener à une plainte ou à un signalement.
C’est pourquoi les critères de jugement ont aussi changé. Plus que le simple fait d’avoir appelé le nom, on regarde ensemble s’il y a eu humiliation en public, pression répétée, si l’élève a réellement ressenti une grande peur et de la honte, et si cette parole était une intervention minimale nécessaire sur le plan éducatif. Même si le nom est appelé dans les deux cas, arrêter tout de suite un conflit et acculer publiquement un élève sont perçus comme des actions complètement différentes.
Plus que le fait d’avoir appelé le nom, le plus important est de savoir si l’encadrement a été fait d’une manière qui ne porte pas atteinte à la dignité de l’élève.

Quelle est la différence entre un encadrement légitime de la vie scolaire et une humiliation inappropriée
| Catégorie | Encadrement légitime de la vie scolaire | Humiliation publique inappropriée · risque d’atteinte émotionnelle |
|---|---|---|
| But | Arrêter immédiatement la situation et rétablir les règles | Mettre l’élève sous pression ou le dominer émotionnellement |
| Manière de s’exprimer | Avertir ou stopper de façon brève et précise | Utiliser des expressions humiliantes, moqueuses ou menaçantes |
| Caractère public | Intervenir seulement dans le minimum nécessaire | Humilier de façon répétée devant plusieurs personnes |
| Répétition | Après la fin de la situation, faire un entretien ou un suivi éducatif | Continuer à coller une étiquette sans lien avec la scène du problème |
| Procédure de suivi | Vérifier les faits, faire un entretien, séparer pour encadrer, et communiquer avec les parents | Finir seulement par des paroles ou élargir en conflit émotionnel |
| Effet qui reste chez l’élève | Aider à comprendre les règles et donner une chance de réessayer | Peut augmenter la peur, la honte et l’évitement de la classe |

L’école intervient souvent comme ça
Quand on regarde les documents pratiques, l’école conseille une réponse progressive et qu’on peut noter, plutôt que de mettre la pression tout de suite avec émotion.
Étape 1 : on appelle le nom et on fait arrêter tout de suite
Quand il y a une dispute entre élèves, le professeur commence d’abord par appeler le nom ou par arrêter avec quelques mots courts. Le but de cette étape n’est pas de punir, mais de faire arrêter la situation.
Étape 2 : on sépare les places et on aide à se calmer
Si le conflit devient plus grand, on les fait asseoir séparément ou on les déplace un moment dans un espace séparé. Souvent, il faut d’abord un temps pour faire baisser les émotions plutôt que discuter tout de suite.
Étape 3 : on vérifie les faits séparément
Plus que chercher qui a commencé, on vérifie calmement ce que chacun a vu et entendu. Même pour la même scène, les souvenirs peuvent être différents selon l’élève, donc les notes et les entretiens individuels sont importants.
Étape 4 : on continue avec entretien et éducation à la vie scolaire
On ne finit pas seulement en montrant le comportement problématique. On discute aussi de pourquoi ce comportement est sorti, et on explique les règles pour éviter qu’une situation semblable revienne.
Étape 5 : si besoin, on communique officiellement avec les parents
Si le cas se répète ou si l’effet est grand, on contacte les parents pour expliquer la situation et demander leur coopération. Ces derniers temps, on insiste davantage sur une communication par le canal officiel de l’école plutôt que sur le fait que le professeur reçoive tout seul personnellement.

Jusqu’où les parents peuvent parler, et à partir d’où ils dépassent la limite
Si on regarde seulement le système, la réponse est assez claire. Le pouvoir direct pour guider la vie scolaire des élèves appartient aux professeurs et au directeur de l’école, et les parents sont plus du côté qui écoute les explications et à qui on demande de coopérer. Bien sûr, ils peuvent donner leur avis ou faire une objection, mais cela veut dire qu’ils ne sont pas ceux qui décident sur-le-champ de la manière d’intervenir pendant le cours ou de l’encadrement lui-même.
Mais en réalité, c’est beaucoup plus compliqué que le système. Dans les écoles en Corée, pendant longtemps, il arrivait souvent que les professeurs gèrent directement les plaintes des parents par téléphone portable personnel ou par messagerie. Donc même si l’autorité était à l’école, l’influence réelle semblait plus forte du côté des parents qui déposaient une plainte. C’est pour cela qu’on voit encore beaucoup d’articles disant que, quand les professeurs font l’encadrement de la vie scolaire, ce qu’ils pensent d’abord n’est pas l’effet éducatif, mais est-ce qu’il va peut-être y avoir une plainte.
Finalement, le point où on dépasse la limite n’est pas la critique elle-même, mais la manière. Si les parents expliquent que « notre enfant a montré cette réaction » et demandent une vérification des faits, c’est une participation légitime. Mais empêcher tout de suite sur place l’arrêt immédiat par le professeur ou l’encadrement de la vie scolaire, mettre une pression répétée, ou déverser directement des plaintes sur une personne, ce genre de méthode s’éloigne de plus en plus du but du système.
Sur les documents, l’autorité est à l’école, mais le poids des plaintes est resté longtemps directement sur les épaules des enseignants individuellement.

Les deux choses que les enseignants disent être les plus dures
Dans un article citant une enquête, l’encadrement de la vie scolaire et les plaintes des parents ont été présentés côte à côte comme de gros fardeaux dans la vie d’enseignant.

Pourquoi ce type d’actualité se répète sans arrêt
Ce problème n’est pas apparu en un jour. On le comprend un peu mieux quand on le regarde dans le long changement des relations entre l’école et la famille.
Années 2000 : on a commencé à beaucoup parler des droits des élèves
Les critiques contre la manière dont l’école contrôlait les choses de façon unilatérale, comme avant, ont augmenté. C’est la période où l’idée que l’autorité de l’enseignant allait de soi a commencé à s’affaiblir.
Années 2010 : les droits ont augmenté, mais les mécanismes de régulation étaient faibles
Avec la diffusion des règlements sur les droits des élèves, les règles de l’école ont changé, mais le système pour réajuster l’autorité des enseignants et le rôle des parents n’a pas assez suivi.
Milieu des années 2010 : les plaintes des parents sont devenues une pression hors de la classe
L’atteinte à l’autorité des enseignants ne s’est plus limitée aux insultes des élèves ou aux perturbations en classe, elle s’est aussi étendue aux appels, messageries et plaintes en ligne des parents. Le conflit est ainsi devenu plus privé et plus long.
Autour de 2019 : la frontière entre encadrement de la vie scolaire et maltraitance infantile est devenue floue
L’inquiétude que même un encadrement légitime puisse faire l’objet d’un signalement a grandi, et beaucoup estiment que les enseignants ont commencé à chercher plus à éviter les conflits qu’à corriger les problèmes.
Depuis 2023 : l’affaire de l’école primaire de Seoi est devenue un tournant
Après le décès d’un enseignant de l’école primaire de Seoi, les atteintes à l’autorité des enseignants et les plaintes abusives sont devenues un sujet national. Les lois et les systèmes ont un peu changé, mais sur le terrain, on entend encore dire que « le changement ressenti n’est qu’à moitié ».

Des paroles pour protéger l’enfant peuvent au contraire le rendre encore plus anxieux
Ici, ça pousse à réfléchir encore une fois. Quand un parent dit que « notre enfant a peur », il est très possible que cela parte d’un instinct de protection. Mais selon les recherches en psychologie de l’enfant, laisser l’enfant éviter sans cesse une situation anxiogène pour réduire son anxiété peut au contraire augmenter cette anxiété à long terme.
Pour le dire simplement, c’est comme ça. Si un enfant a peur de faire un exposé et qu’on le dispense à chaque fois, il se sent soulagé sur le moment. Mais il peut finir par croire encore plus que « je suis une personne qui ne peut pas supporter cette situation ». Pour l’encadrement par l’enseignant, c’est pareil. Si, même sans vrai danger, on demande de ne pas appeler son nom, de ne pas le gronder et de supprimer toutes les situations inconfortables, l’enfant peut avoir de plus en plus de mal à supporter même une petite tension à l’école.
Bien sûr, l’inverse est aussi important. Si l’enfant montre vraiment une peur répétée, de l’humiliation, une réaction de sidération ou un refus d’aller à l’école, alors ce n’est pas un simple « inconfort qu’il faut aider à surmonter », mais peut-être un signal qui demande une protection. Le point essentiel n’est pas de savoir s’il a pleuré une fois, mais s’il peut ensuite récupérer et participer de nouveau. C’est pour ça que l’enseignant et les parents ne doivent pas se bloquer l’un l’autre, mais distinguer ensemble l’inconfort que l’enfant peut supporter et le vrai danger.
Permettre l’évitement pour soulager à court terme peut, à long terme, rendre plus difficile l’adaptation à l’école et l’autorégulation.

Essayons de distinguer les situations qui demandent une vraie protection et la surprotection
| Points à vérifier | Cas où une vraie protection est nécessaire | Cas où une surprotection empêche l’adaptation |
|---|---|---|
| Nature du risque | Mépris, menaces, insultes répétées, surcharge sensorielle, possibilité de déclencher un traumatisme | C’est inconfortable et stressant, mais cela reste au niveau de règles courantes à l’école |
| Réaction de l’enfant | Même après la fin de la scène, il reste figé longtemps et a du mal à récupérer | Il est triste sur le moment, mais avec le temps il peut participer de nouveau |
| Changement de comportement | Refus d’aller à l’école, symptômes physiques, évitement répété d’un enseignant ou d’un lieu précis | Il peut réessayer peu à peu dans une situation similaire |
| Réponse de l’adulte | Il faut une protection immédiate, un dossier écrit, et un lien avec un accompagnement psychologique ou spécialisé | Prévoir l’encadrement à l’avance, une exposition progressive, et organiser de petites réussites |
| Résultat à long terme | Si on laisse faire, l’anxiété et le refus scolaire peuvent s’aggraver | Avec une aide adaptée, l’autorégulation et l’adaptation grandissent |

Pourquoi il est important de résoudre cela par une procédure, et non en prenant parti
Si ce genre d’incident se répète, c’est aussi parce que les émotions se heurtent en premier. Donc l’école doit encore plus s’appuyer sur une procédure que sur les personnes.
Étape 1 : on note d’abord les faits
Il faut d’abord écrire qui a dit quoi à qui, et comment l’élève a réagi à ce moment-là. Les souvenirs changent vite sous l’effet des émotions.
Étape 2 : on passe par un canal officiel, pas par l’enseignant en direct
Si on commence à se disputer tout de suite par téléphone portable personnel ou messagerie, les émotions grandissent. Il est important de passer par une voie officielle, comme un responsable de l’école, un guichet de réclamation ou un rendez-vous réservé.
Étape 3 : si besoin, le directeur et la commission interviennent
Si le sujet est trop difficile à gérer pour l’enseignant seul, le directeur de l’école intervient comme médiateur. Et s’il y a un risque d’atteinte à l’activité éducative, il faut l’examiner par des procédures officielles comme la commission de protection de l’autorité enseignante.
Étape 4 : on peut passer à une aide extérieure à l’école
Si la situation ne se règle pas au niveau de l’école, on passe au bureau local de soutien à l’éducation, au centre de soutien du service de l’éducation, ou à une aide juridique ou psychologique. Le point important n’est pas de prendre parti d’abord, mais de ne pas transformer le conflit en combat personnel.

Donc, il ne faut pas voir cette actualité seulement comme une dispute entre un enseignant et un parent d’élève
Voilà pourquoi les actualités scolaires en Corée se répètent souvent de façon similaire. Les enseignants doivent encadrer, mais ils ont peur d’être dénoncés, les parents doivent protéger leur enfant, mais ils peuvent tomber dans le piège de la surprotection, et si les procédures officielles de l’école sont faibles, les personnes finissent par s’affronter directement. Cette affaire aussi peut être vue comme un cas où ces trois problèmes se sont superposés dans une même scène.
Quand on lit les actualités coréennes en tant qu’étranger, on peut se dire : « Pourquoi est-ce que cela devient si grave juste parce qu’on a appelé un nom une fois ? » Mais dans les écoles coréennes aujourd’hui, ce n’est pas seulement qu’on est devenu plus sensible, on dirait plutôt qu’elles traversent une période de transition où l’on redéfinit les critères des droits et de la protection. C’est pourquoi, pour comprendre même un petit incident, il faut aussi regarder la structure qu’il y a derrière.
Le conflit autour d’une seule parole d’un enseignant est en fait le résultat d’un choc simultané entre l’autorité de l’enseignant, l’intervention des parents, l’anxiété de l’enfant et les procédures de l’école.
Nous vous expliquons comment vivre en Corée
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